Faire la différence grâce à L’ACCOMPAGNEMENT

Mis à jour : juil. 19

Marie-Lou Grenier est massothérapeute agréée certifiée. Elle travaille depuis plusieurs années avec les personnes touchées par le cancer et la douleur chronique. Lors de chaque rencontre avec un client, elle est à l’écoute, elle accompagne et elle pose des gestes qui, elle l’espère, feront la différence. Un jour, Marie-Lou a croisé la route de Jeanne*. Voici son histoire.


Jeanne habite Victoriaville et souffre de la maladie de Parkinson depuis quelques années. La condition n’est pas très avancée, mais les tremblements sont tout de même présents aux quatre membres. Elle ressent aussi constamment un mal-être physique, une douleur dans tout son corps. Vu sa condition de santé et la douleur avec laquelle elle vit au quotidien, Jeanne bénéficie de quatre massages gratuits dans le cadre d’un projet avec la Fondation de la massothérapie. Elle entre ainsi en contact avec Marie-Lou en janvier 2021. Les deux femmes fixent alors un premier rendez-vous de massage.


À l’approche de la rencontre, Jeanne se sent de plus en plus anxieuse. Ses tremblements augmentent terriblement et l’empêchent de prendre le volant pour se déplacer. Elle appelle alors Marie-Lou en panique pour l’informer qu’elle ne va pas bien. Au travers des pleurs et de la détresse de la dame, la massothérapeute fait de son mieux pour l’écouter et la rassurer. Le calme revient peu à peu dans la voix de Jeanne. On reporte le rendez-vous une première, puis une seconde fois. Ce n’est qu’à la troisième tentative que Jeanne trouve la force et le courage de se rendre au bureau de Marie-Lou.


Quand le monde s’écroule autour de soi

Marie-Lou se souvient de l’état de Jeanne lors de leur première rencontre. « Elle est arrivée en pleurs dans la salle d’attente, se rappelle la massothérapeute. Elle m’explique que sa mère est décédée de la COVID-19 en décembre dernier, qu’elle n’a pas vu son conjoint depuis deux mois parce qu’il est hospitalisé à Sherbrooke pour une masse aux glandes surrénales et qu’on ne sait pas encore si la masse est bénigne ou cancéreuse. » Rien ne va plus pour Jeanne. Juste avant son rendez-vous, Jeanne a également appris que son conjoint serait transféré la journée même à l’hôpital de Victoriaville.


À première vue, il s’agit d’une bonne nouvelle, excepté que Jeanne vient tout juste de retourner elle-même chez elle après avoir été hospitalisée pendant cinq semaines pour détresse physique et psychologique. Elle veut être présente pour lui, mais comment y arrivera-t-elle ? Constatant que Jeanne n’est pas en état de répondre au questionnaire santé, Marie-Lou lui propose le massage métamorphique, au cours duquel elle masse seulement les mains, les pieds et la tête. Il s’agit d’un massage tout en douceur qu’elle sait sécuritaire pour Jeanne. Et là, le toucher fait peu à peu son œuvre.


« Pendant le massage, ses tremblements diminuent de 50 %, constate Marie-Lou. Elle arrive à se déposer. Quand elle se relève, elle n’est plus dans un état de crise. Pour moi, c’est une très grande avancée. »


Offrir un espace pour être, tout simplement


La semaine suivante, Jeanne arrive de nouveau en pleurs dans le bureau de Marie-Lou. Elle a appris la veille que la masse de son mari était cancéreuse. « Malgré la tristesse, on réussit à recadrer les choses et à passer au travers du questionnaire santé », explique la massothérapeute. Marie-Lou opte cette fois pour un massage suédois à l’huile. Pendant le soin, les tremblements de Jeanne cessent complètement à plusieurs reprises. Jeanne a enfin l’espace pour se déposer, pour être, tout simplement.


Au troisième rendez-vous, Jeanne explique à Marie-Lou que son conjoint sera transféré sous peu dans une maison de soins palliatifs. « Même s’il y a de l’émotion et parfois des larmes, elle n’est plus en crise, se rappelle la massothérapeute. Pendant le massage, l’arrêt des tremblements est plus long. Je constate aussi un lâcher-prise, malgré l’émotion. » Les choses évoluent. Le cheminement de Jeanne est tangible.


Quand l’accompagnement fait toute la différence


Peu de temps après le quatrième massage, Marie-Lou se rend à la maison de soins palliatifs pour y masser un client. Elle y rencontre Jeanne, qui visite son conjoint. L’état de l’homme se détériore rapidement. Mais Jeanne est calme, en maîtrise de la situation, et ce, en partie grâce à l’accompagnement de la massothérapeute. « Tu es arrivée dans ma vie au bon moment, confie Jeanne à Marie-Lou. Tu as été de passage et ça a été parfait comme ça ! »

Pour Marie-Lou, ce fut un privilège de recevoir Jeanne en massage.


« Je pense lui avoir donné l’espace, la permission de réaliser que, malgré toute la détresse autour d’elle, elle pouvait encore ressentir quelque chose d’agréable. Le massage lui donnait de l’espace pour être sans trop se sentir coupable, vider son sac sans se sentir jugée, tout en étant accompagnée. »

*Le prénom a été remplacé pour conserver l’anonymat.






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